Founder Story #48 : Jérémie Ballarin & Christian Delachet, cofondateurs de Wanted Community !

by | Déc 21, 2018 | NUMA Paris

Texte & Photos © NUMA Paris

Wanted community naît du débarquement à Paris de 3 étudiants bordelais : Jérémie Ballarin, Christian Delachet & Luc Jaubert. Comme tout étudiant, ils sont en quête de bons plans : appart, job et sorties. A l’époque ils créent seulement “Wanted Bons Plans”, sans géolocalisation. Un groupe d’amis qui se partage des filons et des playlists. Aucune stratégie d’acquisition, aucune ambition. Un besoin, rien de plus. Mais, rapidement la communauté grossit, prend de l’ampleur jusqu’à rassembler aujourd’hui plus de 900.000 internautes ! Pour récompenser l’un des « 5 groupes les plus utiles à la marche du monde », Facebook a offert à Wanted une bourse d’un million de dollars.

C’est sans Luc Jaubert, de permanence au Wanted Café, que Jérémie et Christian sont venus de Bordeaux pour nous rencontrer aujourd’hui. Pendant une heure, ils ont raconté sans langue de bois l’histoire de Wanted Community et partagé avec nous leurs valeurs, leurs ambitions et les fortes convictions qui les animent.

1. Une démarche désintéressée : la clé du succès d’une communauté.

En 2011, Facebook était peuplé que de profils et de pages. L’emploi de l’outil « groupe » était alors inhabituel et novateur. La modération est vite devenue un enjeu majeur. “A un moment ça devenait la foire et s’est posée la question de modérer, instituer un cadre et refuser la publicité des professionnels”. Il fallait préserver l’essence même de la communauté : l’entraide. “Le truc qui ne nous aide pas du tout à nous rémunérer aujourd’hui, permet au groupe d’exploser”, explique Jérémie. Le succès de Wanted, réside dans cette démarche spontanée à laquelle s’ajoute une modération cordiale, précise Christian :

“ Autant que possible, rien n’est supprimé tant qu’un dialogue n’est pas créé avec le membre. C’est ce qui fait la différence avec d’autres groupes. Nous on essaie de connaître les membres, savoir pourquoi ils viennent chez nous, pourquoi ils postent, leur expliquer nos valeurs”.

Wanted Community a une charte, une philosophie, un ADN.

2. Inspirer la solidarité, l’entraide.

Le soir des attentats de Paris en 2015 a été un événement fondateur. “Plein de personnes ont proposé de l’aide, cherché des personnes disparues. Il y a eu un énorme élan de solidarité et d’entraide pure”, se rappelle Jérémie. Ça a été un déclencheur. « On s’est dit, il faut qu’on se concentre là-dessus ». Il fallait trouver le moyen de rendre cette solidarité « contagieuse ». La communauté est faite de gens inspirés qui incitent ceux qui le sont moins. Le Wanted Café, comme le groupe Facebook, sont à cette image, « un lieu spontané, citoyen ».

3. La cohérence : une communauté qui te ressemble.

Wanted a une résonnance dans la vie personnelle de ses fondateurs. “On est tous les deux fils uniques, donc l’entraide et la solidarité ça nous parle (rires)”, confie Jérémie. Pour lui, il faut être en accord avec ce qui se partage sur sa communauté, parce que « clairement, ce projet-là tu dors avec, tu bouffes avec, tu te lèves avec ». En quête de sens dans son travail et, après avoir regardé le Ted X de Marina Rollman, Christian a tout plaqué pour se lancer corps et âme dans l’aventure Wanted Community. « Les valeurs et la vision de Wanted, elles ont été posées par les membres de la communauté et elles sont contagieuses, elles nous changent » témoigne-t-il.

Ce projet m’a impacté de la même manière qu’il impacte les membres de Wanted. Il n’y a pas de mal à être au début sur une communauté par opportunité et après ouvrir son esprit, se laisser convertir, inspirer.

Ce qui est important dit-il, « ce n’est pas où on est, mais là où on va et comment on y va ».

4. Fédérer sa communauté autour de ses valeurs

« Un des leviers n’est pas de fédérer la communauté autour de toi ou de ta marque, mais autour des valeurs que tu portes », affirme Jérémie. Le but c’est de faire comprendre aux marques cette “logique d’horizontalité”, estime Jérémie. Il faut faire en sorte que les membres adhèrent aux valeurs de la marque et en deviennent les meilleurs ambassadeurs. « Si tu es bon, — ajoute Christian — à chaque pic que tu reçois, tu as 100 fans qui vont démontrer par A + B que le troll a tort ».

5. Interactions avec les professionnels : tant que c’est au service de la communauté.

A l’avenir Wanted Community va tester des plateformes hors Facebook sur les thématiques job, logement et recommandations de professionnels. Ce sera destiné à ceux qui sont sur Wanted pour une recherche précise. « Globalement nos deux principales interrogations à chaque fois qu’on est contacté par un professionnel c’est : qu’est-ce que nos membres peuvent en tirer ? Et, est-ce que c’est dans nos valeurs ? En fonction de ça, on s’adapte ». Les interactions avec les professionnels sont donc tolérées en commentaires, mais elles doivent servir la communauté et avoir un impact social ou solidaire.

6. Créer du lien social dans un espace virtuel et réel.

Niché dans le quartier populaire des Capucins, à Bordeaux, le Wanted Caféaccueille chaque jour sa communauté, en vrai, et bien plus encore. Toujours solidaire, on y retrouve le principe des “cafés suspendus” pour un SDF et 2% du CA est reversé à une association locale tournée vers la solidarité et poussée par les membres eux-mêmes. C’est un lieu d’écoute, un point de collecte de vêtements chauds pour SDF, un espace de partenariat avec le Carillon

“C’est un petit catalyseur d’initiatives sociales. Ce qui est important dans notre message, c’est que nous on ne sauve pas le monde, mais on crée des opportunités, des espaces pour ces initiatives”, décrit Christian.

Les membres de la communauté virtuelle et du lieu réel ne sont pas forcément les mêmes, le lieu est ancré dans son contexte local. Mais il y a néanmoins« une porosité » reconnaît Jérémie. « Le online impacte l’offline et inversement », résume Christian.

7. Un lieu réel pour agir auprès des autres acteurs

La création de lieux pour la communauté est fondamentale pour se faire connaître des associations, des politiques et des acteurs locaux. Le café permet de donner de la visibilité à Wanted Community, démontrer que c’est rentable et que le projet peut s’étendre. « On est apolitique, mais on comprend que Wanted peut être un levier pour accéder à des opportunités et être un lieu d’initiatives sociales ».

8. Toucher une communauté plus large que les 18–35 ans de Facebook.

« L’acquisition n’a jamais été un sujet pour nous” rappelle Jérémie. Mais Wanted Communitry prévoit de communiquer via d’autres supports et notamment via des plateformes ou des lieux réels comme le Wanted Café. Ils est même prévu de faire de Wanted Community un média, celui où l’on raconte les histoires des membres qui ont vu leur vie changer au contact de cette communauté, celles des gens qui s’entraident.

Merci Jérémie & Christian !

Animation et interview : Arnaud Chaigneau, NUMA Paris

Rédaction : Gabrielle De Loynes (@Gabrielle_D_L)